Transformer un vieil iPad en panneau mural domotique
Choisir un modèle, trouver son emplacement, les deux réglages qui comptent, et ce qu'il faut réellement afficher dessus.
Fixer une tablette au mur pour piloter sa maison est devenu une pratique courante, et l'iPad s'y prête bien : il est nombreux en occasion, son écran vieillit mieux que sa batterie, et il reste supporté longtemps. Reste à savoir quel modèle convient, où le placer, comment l'empêcher de s'éteindre, et surtout ce qu'il faut afficher dessus.
Cet article passe en revue ces quatre points. Il est publié par l'éditeur de HomePad, une application de tableau de bord pour iPad, ce qu'il vaut mieux savoir en le lisant. L'essentiel de ce qui suit s'applique quelle que soit l'application que vous retiendrez.
Quel iPad peut faire l'affaire
Le seul critère qui compte est la version d'iPadOS que l'appareil accepte. La puissance n'entre pas en ligne de compte : un panneau mural affiche des états et envoie des commandes, ce qui ne demande rien à un processeur.
Pour vérifier, ouvrez Réglages > Général > Informations et regardez la ligne Version. La plupart des applications de domotique maintenues aujourd'hui demandent iPadOS 17 ou plus récent, HomePad compris. Les iPad commercialisés à partir de 2017 y parviennent généralement. Les modèles antérieurs sont figés sur des versions plus anciennes : ils fonctionnent encore, mais le choix d'applications compatibles se réduit chaque année.
Sur le format, les modèles d'environ onze pouces sont les plus adaptés à un usage mural. Ils se lisent depuis l'autre bout d'une pièce sans occuper une surface importante. Les treize pouces offrent un meilleur confort de lecture à distance, au prix d'un encombrement notable dans un couloir ou une entrée. Un iPad mini convient dans un espace contraint, à condition d'accepter de s'approcher pour lire les valeurs.
Où le placer
La hauteur généralement retenue se situe autour de 1,40 m au centre de l'écran, soit un peu plus haut qu'un interrupteur. L'écran reste visible sans lever la tête et accessible à un enfant.
Le choix de la pièce a plus d'effet sur l'usage réel que celui du mur. Les entrées et les cuisines donnent les meilleurs résultats, parce qu'on y circule avec les mains occupées, dans des situations où sortir un téléphone est peu pratique. Les installations en bureau ou en salon sont souvent délaissées après quelques semaines, le téléphone restant plus rapide quand on est assis.
Un panneau reste alimenté en permanence. Repérez la prise disponible la plus proche avant d'arrêter l'emplacement, faute de quoi le câble devient le problème principal du montage.
Les trois types de fixation
Les supports adhésifs à plaque magnétique se posent en quelques minutes et se retirent sans dommage. Le câble reste apparent, ce qui convient pour un essai ou une location.
Les supports vissés avec goulotte demandent un perçage et masquent le câble. C'est la solution la plus répandue en installation durable.
L'encastrement dans la cloison, avec une prise placée derrière l'appareil, donne le résultat le plus discret. Il suppose de découper le placo et de disposer d'une alimentation à cet endroit, donc de connaître l'emplacement définitif avant de commencer.
Dans la pratique, beaucoup d'installations commencent en adhésif et passent au vissé ou à l'encastrement après quelques semaines, une fois l'emplacement validé à l'usage.
Deux réglages indispensables
Le verrouillage automatique doit être désactivé, sans quoi l'écran s'éteint au bout de quelques minutes : Réglages > Luminosité et affichage > Verrouillage auto > Jamais.
L'Accès guidé, dans Réglages > Accessibilité, restreint l'iPad à une seule application. Un triple appui sur le bouton latéral l'active, un code le désactive. C'est ce qui empêche un visiteur de naviguer dans le reste de l'appareil.
Laisser la luminosité automatique active évite un écran trop lumineux la nuit, ce qui est la première cause de débranchement des panneaux installés dans un couloir.
Ce qu'il faut afficher
C'est le point sur lequel les installations réussies et les autres divergent le plus.
La tendance naturelle est de tout mettre : chaque lampe, chaque capteur, les graphiques, la liste des appareils hors ligne. Le résultat est un écran dense que plus personne ne consulte, faute de pouvoir y trouver une information rapidement.
Un panneau mural est consulté en passant, pendant une à deux secondes. Il répond à un petit nombre de questions récurrentes : est-ce que quelque chose est resté allumé, quelle température il fait, est-ce que la porte est fermée. Autour de ça, quelques éléments de confort suffisent : la météo, la musique en cours, les scènes réellement utilisées.
Un critère simple pour arbitrer : si une tuile n'a pas été touchée ni consultée en un mois, elle occupe de la place sans en rendre.
HomeKit ou Home Assistant
Les deux systèmes couvrent le même besoin par des chemins opposés, et le choix se fait généralement avant l'installation du panneau.
HomeKit est intégré à iOS et à iPadOS. Un accessoire compatible s'ajoute en scannant un code, Siri fonctionne sans configuration, et le partage entre membres du foyer est prévu par le système. La contrainte est le catalogue : un appareil non certifié n'est pas reconnu.
Home Assistant est un logiciel libre qui s'installe sur une machine du réseau, souvent un petit ordinateur laissé allumé. Il prend en charge un éventail d'appareils beaucoup plus large, y compris des marques sans certification Apple, et conserve l'historique complet des capteurs, ce que HomeKit ne fait pas. Il demande en contrepartie une installation initiale et une maintenance occasionnelle.
Les deux peuvent coexister dans un logement, mais les applications de tableau de bord se connectent en général à l'un des deux à la fois. C'est le cas de HomePad, où la source se choisit au premier lancement et se change ensuite dans les réglages.
Les applications disponibles
Côté HomeKit, l'application Maison d'Apple est gratuite et suffit à beaucoup d'usages, mais elle n'a pas été pensée pour un affichage permanent : elle ne propose ni mode veille, ni disposition libre des tuiles, ni verrouillage sur une pièce.
Côté Home Assistant, un tableau Lovelace affiché dans un navigateur en mode kiosque reste la méthode la plus répandue. Elle est gratuite et très souple, au prix d'une configuration manuelle et d'un comportement de page web plutôt que d'application.
Plusieurs applications tierces se placent entre les deux, dont HomePad, que nous éditons. Elle se connecte à HomeKit ou à Home Assistant, reprend les pièces existantes, laisse composer une grille de tuiles librement, et bascule en horloge, météo et photos quand l'écran n'est pas utilisé. Elle est payante une fois, sans abonnement, et fonctionne sur le réseau local.
Avant de percer, un essai coûte peu : posez l'iPad sur un meuble à l'endroit envisagé et laissez-le fonctionner une quinzaine de jours. C'est la manière la plus fiable de savoir si l'emplacement est le bon, et si le panneau sera réellement utilisé.