Home Assistant sur tablette murale : ce que change une application native
Le navigateur en kiosque sur un tableau Lovelace reste la méthode la plus répandue. Ses deux limites, et les réglages qui améliorent le résultat dans tous les cas.
Home Assistant est aujourd'hui l'une des solutions domotiques les plus installées, et l'affichage mural fait partie de ses usages courants. La méthode la plus répandue consiste à fixer une tablette au mur, à y lancer un navigateur en mode kiosque, et à afficher un tableau Lovelace en plein écran.
Cette approche est gratuite, très souple et parfaitement fonctionnelle. Elle présente aussi deux limites que l'on constate surtout à l'usage, et que cet article examine avant de passer en revue les réglages qui améliorent le résultat, quelle que soit la solution retenue. Il est publié par l'éditeur de HomePad, une application de tableau de bord pour iPad.
Application native ou page web : la différence est réelle
La première limite est ergonomique, et elle se mesure au doigt plutôt qu'en arguments.
Un navigateur affichant une page web, même en plein écran, conserve le comportement d'un navigateur. Le défilement est celui du moteur de rendu et non celui du système. Un curseur suit le doigt avec un léger retard. Un appui prolongé déclenche une sélection de texte ou un menu contextuel. Un geste à deux doigts modifie le zoom, qu'il faut ensuite réinitialiser. Une coupure réseau de quelques secondes affiche une page d'erreur à la place de l'interface.
Une application native ne rencontre aucun de ces cas : le défilement, l'inertie et les gestes sont ceux d'iPadOS, les contrôles répondent immédiatement, et une interruption réseau laisse l'interface en place avec des valeurs figées plutôt qu'un écran blanc. Sur un appareil consulté plusieurs dizaines de fois par jour, l'écart est net.
Le tableau de bord de celui qui l'a construit
La seconde limite tient à la nature même de Lovelace. C'est un éditeur, conçu pour la personne qui administre l'installation. Elle sait ce que chaque carte affiche, dans quel ordre elle a rangé les entités, et à quoi correspond le bouton du milieu.
Les autres occupants du logement n'ont pas cette connaissance, et ce sont eux qui utilisent le panneau au quotidien. Un test simple permet de le mesurer : demander à quelqu'un qui n'a jamais ouvert Home Assistant d'éteindre une lampe précise depuis la tablette, et observer combien de temps il lui faut.
Les panneaux qui fonctionnent adoptent en général une structure proche de l'application Maison d'Apple : des pièces, des tuiles, un appui pour agir. La notion d'entité n'y apparaît jamais.
Vérifier le rangement des zones
Home Assistant sait déjà dans quelle pièce se trouve chaque appareil, à condition que l'information ait été saisie. Une application qui reconstruit automatiquement les pièces s'appuie sur ce rangement, ce qui évite de placer les cartes une par une.
Le contrôle se fait dans Paramètres > Zones et étiquettes. Les appareils sans zone apparaissent regroupés à part, ce qui donne l'impression d'un panneau mal organisé alors que c'est le rangement qui est incomplet.
Un cas revient fréquemment : une passerelle placée dans une pièce transmet sa zone à tous les capteurs qui en dépendent. Un détecteur installé dans la cuisine mais rattaché à une passerelle du garage sera classé au garage. La correction se fait sur le capteur lui-même et non sur la passerelle.
Le tri des entités techniques
Un appareil ajouté à Home Assistant expose souvent plusieurs dizaines d'entités, dont une majorité de données de diagnostic : force du signal, version du logiciel interne, compteurs de fonctionnement, adresse réseau, bouton de redémarrage.
Sur un tableau construit à la main, ces entités se masquent une par une. Une application qui génère les pièces automatiquement doit les écarter d'elle-même, faute de quoi chaque appareil occupe une place disproportionnée. Home Assistant les identifie déjà comme techniques, ce qui rend ce tri possible sans intervention.
Les entités masquées dans Home Assistant restent masquées dans les applications qui s'y connectent. Il est donc plus efficace de faire ce ménage une fois à la source.
Volets et portes de garage
Home Assistant regroupe volets, stores, portes de garage, portails et fenêtres dans une même catégorie. Un champ distinct, souvent laissé vide par les intégrations, précise la nature exacte de l'appareil.
Ce champ détermine les commandes proposées : un pourcentage d'ouverture pour un volet, deux boutons pour une porte de garage. Un appareil mal renseigné apparaît avec des contrôles inadaptés dans toutes les applications qui lisent cette information.
La connexion
La plupart des applications détectent le serveur sur le réseau local. À défaut, l'adresse se
saisit manuellement, généralement homeassistant.local:8123.
L'identification passe par un jeton d'accès longue durée, créé depuis la page de profil de l'utilisateur. Il s'agit d'un code à copier une fois, valable dix ans, révocable individuellement. Cette méthode évite de saisir un mot de passe sur un appareil accessible à tous, et permet de couper l'accès d'une seule tablette sans changer d'identifiants.
Une limite peu documentée : renommer un accessoire ou le déplacer d'une pièce à l'autre depuis la tablette nécessite un jeton créé par un compte administrateur. Avec un compte standard, ces modifications sont refusées. Le pilotage des accessoires fonctionne en revanche avec n'importe quel compte.
Ce qui reste dans Home Assistant
L'ajout d'un appareil neuf se fait dans l'interface web. Chaque intégration a son propre parcours d'installation et il n'existe pas de procédure universelle, ce qui rend cette étape difficilement transposable dans une application tierce. Une fois l'appareil ajouté, il apparaît automatiquement dans les applications connectées.
Les automatisations restent également du ressort de Home Assistant. Un panneau mural sert à consulter et à commander ; l'écriture de conditions se prête mal à un écran fixé au mur.
Les solutions disponibles
Le navigateur en kiosque sur un tableau Lovelace reste la solution la plus économique et la plus personnalisable. Elle convient bien lorsque l'utilisateur principal du panneau est aussi celui qui administre l'installation.
Les applications natives pour iPad, dont HomePad que nous éditons, prennent l'approche inverse : la structure est reprise automatiquement depuis Home Assistant, les entités techniques sont écartées, et l'interface reste celle d'une application iPadOS. HomePad se connecte également à HomeKit, la source étant choisie au premier lancement et modifiable dans les réglages. L'achat est unique, sans abonnement, et le fonctionnement reste local.
Si un tableau Lovelace est déjà en place, le plus simple est de faire fonctionner les deux solutions en parallèle pendant une semaine sur le même appareil. L'usage réel des autres occupants tranche généralement la question plus vite qu'une comparaison de fonctionnalités.